Victoire d’étape dans le dossier des bassines
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Le projet des 16 bassines de la Sèvre-niortaise et du Mignon est démesuré au regard des volumes d’eau qu’il prévoit pour l’irrigation ; il ne respecte pas la réglementation sur l’eau en vigueur sur ce bassin, dont dépend l’équilibre fragile du Marais poitevin. C’est la justice qui le dit, dans le jugement rendu récemment au Tribunal administratif de Poitiers. Le groupe écologiste et citoyen à la Région est satisfait de ce nouveau revers pour un projet aberrant qu’il a toujours combattu.

« Cette décision nous donne raison sur un point essentiel : on ne peut pas promettre de l’eau aux irrigants au-delà de la ressource en eau disponible, on ne peut pas ignorer les impacts du changement climatique et persister dans un modèle agricole dépassé. Notre groupe a réussi à empêcher que la Région s’engage dans le financement de ce projet et c’est heureux », résume Nicolas Thierry, vice-président à l’environnement et à la biodiversité.

De 19 bassines à l’origine, le projet avait été ramené à 16 bassines en 2018. Aujourd’hui, neuf bassines sont jugées illégales. Stéphane Trifiletti, élu de Charente-Maritime et délégué à l’éducation à l’environnement, en tire les conclusions : « le projet se réduit comme peau de chagrin et c’est une victoire d’étape. Car ce jugement reste au milieu du gué : on ne voit pas comment on pourrait laisser se construire sept bassines alors qu’il est affirmé que pour la quasi-totalité des réserves, le volume autorisé sera largement supérieur à ce qui a été consommé ces dix dernières années ».

Katia Bourdin, élue de Charente-maritime, s’interroge quant à elle sur l’attitude de l’État et de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne : « Comment l’État peut-il ignorer la réglementation en autorisant ce projet ? Comment l’Agence de l’eau a-t-elle pu valider le financement d’un projet non conforme au schéma d’aménagement et de gestion de l’eau ? L’argent public est ainsi engagé dans un projet privé qui n’est pas d’utilité publique ni d’intérêt général, qui ne concerne qu’une minorité d’agriculteurs et qui ne respecte même pas la réglementation ! »

Pour Nicolas Gamache, élu des Deux-Sèvres et délégué au patrimoine naturel, « cela discrédite également le « protocole pour une agriculture durable » censé rendre le projet exemplaire, alors qu’on voit à quel point il ne l’est pas. La seule solution démocratique est un moratoire complet pour engager un véritable plan de gestion territorial de l’eau qui pose, comme préalable, des mesures d’économie d’eau et un réel changement de modèle agricole ».