Pollutions du bassin de Lacq : l’ARS répond enfin et annonce un calendrier de publication des études
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Communiqué de presse
3 décembre 2018

En juin dernier avant que n’éclate le scandale sanitaire de l’usine Sanofi de Mourenx, Jean-François Blanco, conseiller régional écologiste du Béarn, avait interrogé une nouvelle fois l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine sur le planning des études épidémiologiques sur les riverains du bassin de Lacq menées par les services de l’État. Sans réponse, il avait relancé le service de l’Etat, le 27 septembre dernier.

L’Agence vient enfin de lui répondre.

Ces démarches faisaient suite aux révélations sur les rejets toxiques de l’usine de Mourenx, où est fabriqué l’antiépileptique Dépakine. Elle s’appuyait sur une note commandée en urgence par les autorités et mettant lumière le fait que, faute de mesures prescrites concernant les rejets de valproate de sodium, la substance active de la Dépakine, « il n’est, aujourd’hui, pas possible d’écarter des effets neurodéveloppementaux et néfastes sur la reproduction chez les enfants ».

Ces premières conclusions justifiaient à elles seules l’urgence d’étendre les investigations sanitaires au-delà du site de production de Sanofi. En effet, en mars 2016, la SEPANSO avait révélé une étude réalisée en 2002 par l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped), dans la zone la plus proche des usines du Bassin de Lacq en Béarn. L’étude portait sur la période 1968-1998 et faisait ressortir, dans les cohortes de populations du bassin de Lacq, une surmortalité de 14% chez les moins de 65 ans, une surmortalité de 56% sur la dernière décennie de l’étude, une hausse de 34% des cancers des voies respiratoires sur la même période.

Malgré ces indicateurs extrêmement inquiétants, aucune nouvelle étude n’avait été diligentée. C’est pourquoi, Jean-François Blanco avait demandé « l’organisation d’une expertise indépendante sur les nuisances ainsi qu’une expertise épidémiologique » en particulier concernant les émanations d’effluents gazeux chargés en acroléine, évacués dans l’atmosphère par les torchères des sites industriels de traitement du gaz d’Arkéma et de SOBEGI, venu s’installer en 2013.

L’ ARS précise donc à Jean François Blanco le calendrier des études épidémiologiques et annonce l’intégration de l’impact sanitaire des rejets de Sanofi chimie.

Le courrier dresse le bilan des enquêtes en cours avec leurs échéances :

  • rapport final sur l’étude de contexte local fin 2018,
  • premiers résultats de l’étude exploratoire de morbidité fin 2018 et rapport final publié durant le premier semestre 2019,
  • rapport final sur l’étude géographique de mortalité au premier semestre 2019.

La publication de ce calendrier est importante et permet aux riverains de sortir de l’incertitude, facteur supplémentaire d’angoisse des habitants.

Par ailleurs l’ARS annonce, une quatrième étude dite de santé qui s’intéressera à la qualité de vie des populations au-delà des données strictement médicales.

L’ARS dans son courrier précise que ces études seront complétées par une étude épidémiologique spécifique consacrée aux effets des rejets non-conformes de bromopropane et de valproate de sodium par Sanofi.

Les élu·e·s écologistes seront particulièrement vigilants à ce que ce calendrier soit respecté et que tous les éléments de l’enquête soient rendus publics.

Le groupe Écologiste et Citoyen – EELV à la Région Nouvelle-Aquitaine

 

courrier de l’ARS du 19 novembre 2018