Pendant le Covid, le massacre de l’environnement continue
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Communiqué de presse 
Groupe écologiste et citoyen - Eelv
au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
7 mai 2020

Les élu·e·s écologistes de la Région Nouvelle-Aquitaine alertent sur la multiplication des atteintes à l’environnement depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid19.

Ces faits sont d’autant plus inacceptables que les scientifiques ont démontré le lien entre la destruction des habitats naturels des animaux, la disparition de la biodiversité, meilleure des barrières protectrices, et les pandémies.

Sous couvert d’une gestion difficile de la pandémie et de ses conséquences financières économiques et sociales, il y a un vrai risque à faire de l’environnement une question subsidiaire sur la scène publique et politique.

Quelques unes des atteintes environnementales constatées en Nouvelle-Aquitaine illustrent parfaitement les impacts irréversibles de certaines activités humaines qui profitent de la discrétion assurée par le confinement:

  • le 22/03/20 : quatre chalutiers néerlandais géants ont été vus dans les eaux du Golfe de Gascogne pratiquant la pêche au chalut pélagique alors que beaucoup de pêcheurs artisanaux ont dû stopper leur activité ;
  • le 01/04/20 : abattage d’un bois à Saint-Médard-d’Eyrans, dont des cèdres centenaires, des chênes remarquables et un tremble exceptionnel datant de la fin du XIXe siècle pour y planter des vignes ;
  • le 26/04/20 : deux promeneurs découvrent par hasard un avis de permis de construire pour un support d’antennes multi-opérateurs de 33 mètres de haut et calibré pour accueillir la 5G qui vient d’être déposé en catimini à Ciboure ;
  • fin avril 2020 : Patrick Franken de la Coordination Rurale 47 se dit « enchanté » du remplissage du contesté lac de Caussade dont nous n’avons pas cessé de dénoncer les manquements à la Loi et interrogé la sécurité autour de la conformité des travaux effectués par les agriculteurs. L’ouvrage « n’a pas été réalisé dans les règles de l’art et le risque de rupture est avéré » avec près de 70 habitations pouvant être impactées comme nous alerte le rapport Antéa ;
  • dès la mi-avril : en Charente, deux associations (Vigilance OGM Pesticides 16 et Charente Nature) dénoncent la dérogation décidant d’assouplir dans certaines conditions les zones de non-traitement (ZNT) instituées en janvier, tandis qu’en Gironde, les ZNT font aussi débat ;
  • depuis la mi-mars, recrudescence des dépôts sauvages en raison de la fermeture des déchetterie, des brûlages en plein air ; multiplication des cas d’élagage et d’arrachage de haies en pleine période de nidification, tels ces travaux d’aménagement lancés mi-avril pour la construction de la voie de contournement d’OloronSainteMarie, en Béarn, en direction de Gurmençon, en vue de réactiver l’axe routier E7.

Cette crise sanitaire devrait au contraire nous encourager à protéger le vivant plutôt que le détruire, à ménager les territoires plutôt que les aménager brutalement, à actionner avec encore plus de détermination les leviers dont dispose les collectivités territoriale – en premier lieu le Conseil régional comme le réclament les élu.e.s écologistes : favoriser l’agriculture qui respecte l’environnement, l’alimentation qui préserve la santé, l’économie sans prédation des ressources naturelles, les lycées écologiquement exemplaires, un tourisme familial et rural, des énergies renouvelables…

La pandémie n’est pas une crise passagère, c’est le premier symptôme d’une détérioration dramatique de notre rapport au vivant sous toutes ses formes, et qui menace la survie même des humains dans le monde « d’après ».