Parc photovoltaïque géant en Sud Gironde : les projets démesurés mettent en péril la transition énergétique
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Alors qu’Engie et Neoen ont annoncé vouloir raser 1 000 hectares de forêts sur la commune de Saucats (Gironde) pour bâtir un parc photovoltaïque géant, le groupe écologiste et citoyen au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine s’alarme de la multiplication de tels projets énergétiques surdimensionnés dans notre région.

Il dénonce un impact environnemental annihilant toute plus-value climatique et une élaboration faite sans concertation avec les acteurs locaux et les habitants : ce type de projet est incompatible avec la transition énergétique défendue par les écologistes.

« Sur le plan de la lutte contre le dérèglement climatique, il est absurde de vouloir de développer les énergies renouvelables en détruisant ces pièges à carbone que sont les forêts, rappelle la conseillère régionale Maryse Combres. Et le système de compensation actuel est insuffisant pour limiter l’impact sur la biodiversité. En particulier avec des projets aussi importants : cette centrale électrique consommerait 1 000 hectares, cela représente 20% de la superficie de la ville de Bordeaux ! »

Pour le groupe écologiste et citoyen au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, ce projet est même en contradiction avec le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDET) adopté par la Région en 2019 qui précise que le solaire doit être développé préférentiellement sur des terres artificialisées.

Françoise Coutant, vice-présidente en charge du climat et de la transition énergétique l’affirme : « sans toucher aux terres agricoles et forestières, en utilisant simplement les surfaces artificialisées déjà existantes nous avons de quoi atteindre nos objectifs de développement des énergies renouvelables« .

Elle insiste par ailleurs sur l’importance de « l’appropriation citoyenne, clé de la transition énergétique que nous portons. Or ce parc géant, élaboré par deux multinationales sans concertation avec les habitants et les collectivités, va dans le sens inverse. Il constituerait une confiscation d’un bien commun, la forêt, pour des intérêts privés, au nom d’un intérêt général en réalité dévoyé. Ce projet fait déjà l’unanimité contre lui, des associations de protection de l’environnement aux chasseurs. Si la transition énergétique est accaparée par les géants du marché de l’énergie comme EDF, Total ou Engie, elle sera un échec ».

Remplacer nos énergies fossiles et le nucléaire par des productions renouvelables nécessite d’abord de diviser au moins par 2 notre consommation d’énergie en Nouvelle-Aquitaine. Alors que la sobriété et l’efficacité sont les premiers piliers de la transition énergétique, les élu·es écologistes appellent de nouveau l’État à adopter des stratégies ambitieuses pour amplifier la rénovation thermique du bâti, la décarbonation de nos mobilités et la sortie de l’agriculture intensive.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons assurer l’autonomie et la solidarité énergétique de nos territoires grâce à des installations adaptées et co-construites.

Sans faire peser sur nos habitants le risque d’une catastrophe nucléaire, ni transformer nos forêts et nos champs en terres stériles.