Léonore Moncond’huy sur le voeu présenté par l’UDI : retournement de l’aéronautique
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Séance plénière du 29 mai 2020

Monsieur le Président, cher.e.s collègues,
Nous soutenons pleinement la motion proposée par l’UDI, parce qu’elle adopte une posture de responsabilité : préserver les emplois qui sont liés au secteur aéronautique, ce n’est pas persister dans l’illusion de l’ « aviation verte ».
Ce sont 550 étudiants du secteur aéronautique qui l’affirment aujourd’hui dans une tribune au Monde : le progrès technique ne suffira pas à la diminution des émissions de gaz à effet de serre des avions, indispensable contre le réchauffement climatique.
Ils et elles plaident en faveur d’une réduction du trafic aérien, en choisissant par exemple de cesser progressivement les liaisons aérienne superflues, et d’anticiper et construire, dès maintenant, le retournement du secteur aéronautique, qui n’est plus un secteur d’avenir.
Sur des sujets aussi importants que celui-ci, pour l’écologie mais aussi pour l’emploi à long terme dans notre Région, l’approche transpartisane proposée par l’UDI nous semble nécessaire.
Je vous remercie.
[Seul le prononcé fait foi]

Vœu présenté à l’initiative de Véronique Abelin membre du GROUPE UDI et Territoires, «travaillons ensemble pour préparer l’avenir du secteur aéronautique»

Les semaines de confinement se succèdent, la crise sanitaire se prolonge, entrainant un bouleversement de nos modes de vie et une transformation voire une disparition de certains métiers. Alors que les mesures de lutte contre le COVID 19 vont engendrer l’une des crises économiques les plus violentes que nous ayons connues, un secteur notamment va être profondément et durablement touché: l’aéronautique.
Ce secteur représente des milliers d’emplois en Nouvelle-Aquitaine. Cette crise sanitaire puis économique voire sociale est probablement l’une des occasions majeures de réinterroger notre modèle.Dans ce contexte, alors que la Région Nouvelle-Aquitaine a marqué son souhait de placer la reconversion écologique au cœur de son action avec Neo Terra, nous avons une occasion historique de participer activement à l’orientation de nos filières pour les 10 prochaines années au grand minimum.
Les choix que nous allons faire dans les semaines qui viennent quant aux modalités de soutien que nous allons porter aux entreprises de nos bassins d’emploi vont nous engager, encore plus qu’en temps normal, sur le modèle que nous voulons pour les décennies qui viennent.
Dilemme complexe alors que les vies de familles entières sont d’ores et déjà violemment impactées par la crise qui touche un certain nombre de secteurs clés de notre économie locale. Or, ce virus nous a collectivement obligés à faire, de manière extrême, des choix que nous n’avons eu de cesse de repousser lorsqu’ils étaient à plus petite échelle : celui des trajets professionnels quasi inexistants et donc du télétravail poussé à son paroxysme, celui des transports aériens quasiment cloués au sol, celui du transport automobile très limité. Même si l’heure du déconfinement a sonné dans de nombreux pays, il est progressif, prudent et partiel.
Les secteurs automobile et aéronautique vont être durablement touchés. Un consensus commence à émerger sur le fait qu’il n’est plus possible de maintenir des vols intérieurs extrêmement polluants alors que l’équivalent peut être proposé par le fer.Il est maintenant de notre devoir d’aider les salariés qui vont être touchés dans les semaines à venir en lesaccompagnant vers de nouveaux métiers, vers de nouveaux secteurs durables.
La Région a tout son rôle à jouer dans cette étape: un rôle de soutien financier mais aussi d’expertise métiers/prospection/formation. Il convient de lancer un grand plan de retournement de la filière aéronautique. Et il doit s’agir avant tout d’un plan visant à reconvertir un certain nombre d’emplois vers des secteurs plus durables.
Nous le savons, cette filière ne pourra pas faire vivre toutes les familles qui en dépendaient ces dernières années. Il est temps de réorienter les financements vers d’autres secteurs, vers d’autres métiers respectueux des compétences, des savoir-faire, des aspirations de ces salariés, dans le respect de l’esprit de Neo-Terra.
Sans barrière partisane, nous sommes réunis aujourd’hui pour demander à l’assemblée régionale de faire un choix courageux. Celui de ne pas faire un chèque en blanc les yeux fermés à une filière majeure de notre territoire. Celui de l’accompagner, par des mesures d’urgence, vers une reconversion d’un certain nombre de ces emplois vers des secteurs plus durables.
Et pour cela, faisons le vœu d’un groupe de travail rapide et agile sur les transformations des métiers de l’aéronautique et l’aide au retournement de la filière dans lequel le CESER et des élus de toutes sensibilités, réunis par cette position de principe, puissent travailler dans un esprit constructif mais volontaire sur ces sujets urgents et fondamentaux