Intervention de Jean-Louis Pagès : rapport d’observations définitives relatives à la vérification des comptes et au contrôle des comptes et de la gestion de la société d’équipement du Limousin (SELI)
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Monsieur le président, cher.e.s collègues,

Ce rapport rédigé par la Chambre régionale des comptes de la Nouvelle-Aquitaine sur cette SEM qu’est la Société d’équipement du Limousin (SELI) ne devrait pas susciter beaucoup de commentaires, du fait de la compétence des magistrats qui l’ont rédigée.

Il peut en revanche appeler à la réflexion sur l’évolution des outils mis en œuvre au service de son objet social qui consiste à « étudier et réaliser, en vue du développement économique des départements de la Haute-Vienne, de la Creuse et de la Corrèze, des opérations d’équipements foncier et économique ».

Depuis le début des années 60, l’évolution de son activité montre que sa vocation d’aménageur, qui a commencé par les zones commerciales, les ZAC, contre lesquelles se sont toujours élevés les écologistes, avec les bonnes raisons que chacun d’entre vous désormais reconnaît – hélas, bien trop tard -, s’est progressivement tarie.

La Chambre pointe que désormais le SELI se cantonne à des opérations de montage de projets, de promotion immobilière, dans une politique de gestion patrimoniale sans volontarisme politique, « au fil de l’eau » et à « son propre compte » (je cite), trouvant ses revenus des baux qu’elle perçoit, le tout sans stratégie d’aménagement du territoire clairement définie. Les sages de la Chambre régionale suggèrent que c’est sans avenir.

La SELI mérite-t-elle d’ailleurs encore d’être qualifiée de Limousine quand elle intervient quasi exclusivement sur Limoges, un peu sur la Haute-Vienne, ce qui est compréhensible par la part exorbitante de la Ville de Limoges dans sa participation au capital, qui monte à près de 40%, alors que la Région n’y est qu’à 7% environ, et la Communauté urbaine à rien?

Nous autres écologistes aimerions que la SELI sorte enfin du rôle étriqué primitif que lui avait dévolu les anciens dirigeants de Limoges pour lui donner un rôle stratégique d’outil d’aménagement du territoires ruraux, en devenant beaucoup plus active sur nos zones en voie de désertification, dans des domaines sur lequels elle a une expertise comme elle l’a prouvé sur des projets d’EHPAD ou de conception, la réalisation, le financement et l’exploitation de maison de santé pluridisciplinaire, les MSP. Activités à forte croissance qui ont presque triplé en 10 ans, et qui devraient être solvables (en dépit de l’échec de l’expérience de la MSP bellachonne où la SELI s’est dérobée au dernier moment).

On nous promet les conclusions à venir d’un travail pour enfin définir une stratégie claire : nous souhaitons pour pour y justifier la mise à risque de l’argent public, qu’elle soit donc clairement au service d’un aménagement de nos territoires, un aménagement économique, mais aussi écologique et social.

Je vous remercie.
[Seul le prononcé fait foi]