GPSO · Les écologistes réclament que soit rendue publique l’étude sur le financement de la LGV
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Alors que le gouvernement déterre le GPSO par pur opportunisme électoral, le groupe écologiste au Conseil régional demande, dans un courrier adressé à Alain Rousset, que soit rendue publique l’étude sur le financement de la LGV réalisée par les Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

 

Votée en 2016 et financée par la collectivité, cette étude, qui a coûté 80 000 euros à la Région Nouvelle-Aquitaine et autant à la Région Occitanie, portait sur « l’ingénierie financière et juridique pour le financement du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) », c’est-à-dire le projet de construction de nouvelles voies LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Mis en pause en 2018 par le gouvernement, qui estimait alors que la priorité était la régénération des lignes du quotidien, ce projet a récemment été ressuscité par l’annonce du Premier ministre d’y engager l’Etat à hauteur de 4,1 milliards, à parité avec les deux Régions et les métropoles de Bordeaux et Toulouse.

 

Il est donc temps que les élu·e·s et les citoyens puissent prendre connaissance de cette étude sur le financement, afin d’avoir des éléments concrets sur les prévisions d’utilisation de l’argent public.

 

Christine Seguinau, présidente du groupe des élu·e·s écologistes régionaux et présidente de la commission Transports, s’impatiente : « Ce ne sont pas les effets d’annonce pré-électorales sur les LGV qui vont résoudre les problèmes de déplacements quotidiens des néo-aquitains. L’État n’est pas capable d’honorer ses engagements financiers pour l’entretien des lignes existantes et promet des milliards pour ce seul projet, c’est irresponsable ! Nous réaffirmons que les finances régionales ne doivent en aucun cas participer à cette opération, qui  va accroître les inégalités territoriales. Les investissements doivent aller sur la rénovation du réseau existant et permettre, par exemple, la réouverture de la ligne Blaye-Bordeaux et des travaux conséquents pour moderniser la ligne Angoulême-Limoges ».

 

Les écologistes soutiennent depuis des années les alternatives à la LGV. Le coût de la construction de cette nouvelle voie est estimé entre 8 et 9 milliards, contre 2 milliards pour la rénovation de la voie existante. Cette alternative permettrait d’éviter la destruction de 3 000 hectares de terres agricoles et naturelles.

 

« Nos Régions et l’État devraient se concentrer sur d’autres urgences,insiste Christine Seguinau. L’ensemble du réseau ferroviaire de Nouvelle-Aquitaine a besoin d’un investissement immédiat de 1,3 milliard, simplement pour le maintenir en l’état alors que beaucoup de lignes sont au bord de la rupture. Avec le double, nous pourrions améliorer significativement le réseau et ainsi permettre aux Néo-Aquitains de diminuer leur dépendance contrainte à la voiture individuelle, notamment pour les trajets domicile-travail. La rénovation des lignes TER profiterait, a minima, à quatre fois plus de voyageurs que la construction d’une LGV. »

Il est temps de penser l’avenir de notre réseau ferroviaire sur d’autres bases que le tout LGV. Utilisons l’argent public pour le bien public.

 

Christine Seguinau, présidente du groupe écologiste et citoyen EELV, présidente de la commission transport.

 

Consulter l’intégralité du dossier que nous avons consacré aux alternatives à la LGV à ce lien.