Forêts résilientes – Laurence Motoman et Thierry Perreau
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Les 7 et 8 septembre étaient co-organisées deux journées de sensibilisation à Louchats, avec Prosilva, (reconnue d’utilité publique depuis 2013), le ministère de la transition écologique et solidaire et le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, représenté par Laurence Motoman.

 

Peu d’élu.e.s, mais des membres du CESER, des sylvicultrices et sylviculteurs, des scientifiques, des techniciens et un représentant de la Caisse des dépôts et consignation.

 

Lors de ces journées ont été présentés en salle et en forêt, les fondamentaux de la sylviculture irrégulière à couvert continu, ainsi que les arguments économiques, pertinents à soutenir cette pratique sylvicole durable basée sur le respect des grandes fonctions des forêts :
  • la fonction naturelle : soit la prise en compte des interactions de l’écosystème forestier ( diversité des plantes et des animaux, variabilité des structures forestières selon les localisations, maintien de la fertilité naturelle des sols,…)
  • la fonction de protection : d’associations forestières naturelles et des biotopes associés, contre le ruissellement et l’érosion des sols, de la purification de l’eau, de l’amélioration du micro-climat régional, de l’optimisation de la fixation du gaz carbonique dans les sols, de la qualité de l’air
  • la fonction de production de bois de qualité
Les deux fonctions précédemment évoquées constituent un socle indispensable, à la production durable de bois de qualité.

 

 

Dans cet objectif, il est nécessaire de :
  • maintenir un couvert forestier continu, par des récoltes progressives par arbre ou bouquet d’arbres
  • utiliser le processus de la dynamique forestière naturelle aussi largement que possible, en vue d’assurer une optimisation de la production biologique des forêts
  • produire des bois de valeur
  • rejeter les grandes coupes rases, en tant que système institué de traitement sylvicole
  • définir des critères d’exploitabilité en fonction de la qualité du bois
  • donner la priorité à l’amélioration continue de l’existant par rapport au renouvellement
  • favoriser des méthodes d’exploitation prudentes et des matériels adaptés
  • supprimer l’usage de substances étrangères à l’écosystème ( fertilisants et pesticides)
  • sensibiliser autour de la fonction culturelle : sociale, sportive, naturaliste, sanitaire, etc
Cette sylviculture respecte les processus naturels, les grands principes qui régissent les forêts, les enjeux environnementaux et climatiques, paysagers et sociaux. Elle apporte un capital forestier d’équilibre stable adapté aux particularités de chaque parcelle et un rendement soutenu de long terme…
 

Pour des forêts plus riches en biodiversité, à fortes valeurs ajoutées et résilientes face aux dérèglements climatiques, ce sont des pratiques à développer.

 

 

Le mercredi 9 septembre, Laurence Motoman participait à un groupe de travail sur la résilience des forêts organisé par la Région et coordonnée par l’Office National des Forêts (ONF) qui se réunissait pour la seconde fois. Une vingtaine de personnes étaient présentes, dont des techniciens, des sylviculteurs, des propriétaires forestiers, des associatifs, CRPF, Alliance Forêt Bois, l’INRAE et quelques élu.e.s.

 

« Nous avons testé et apporté des éléments complémentaires à un « serious game » de gestion forestière durable qui sera terminé d’ici la fin de l’année, gratuit, il servira de support pédagogique » explique Laurence Motoman « et nous avons assisté à trois présentations de scientifiques sur un test d’essences étudiant les effets de la sécheresse sur la mortalité forestière avec la défaillance hydrolique du système vasculaire des arbres, plus ou moins résistant à la cavitation ; une expérimentation avec l’ONF d’« îlots d’avenir« en Nouvelle-Aquitaine ; le projet Formix, soutenu par la Région, inscrit dans un réseau international et dirigé par Hervé Jactel (INRAE – Diversité et fonctionnement des forêts). Il vise la création de forêts expérimentales avec des mélanges d’essences, avec un protocole contraint pour une base commune internationale (mélange de deux à trois essences) et dont les premiers retours de données sont attendus dès la première année suivant la plantation ».

 

 

Ont également été présenté les résultats d’une méta-analyse internationale mettant en lumière tous les avantages des forêts mélangées qui ont, entre autres avantages, une meilleure productivité et sont plus résistantes aux insectes ravageurs et maladies : le mélange pin/bouleau permet un stockage plus important du carbone et une meilleure valorisation économique.

 

Des arguments complémentaires ont pu être transmis :
  • meilleure sécurisation économique des forêts mélangées
  • importance de la couverture et la vie des sols
  • privilégier les coupes sélectives ou du moins des coupes rases plus réduites… pour préserver les sols, la biodiversité, les systèmes racinaires et la complémentarité entre individus d’un peuplement…

 

« Une journée riche d’enseignements et d’actions politiques à réaliser, des passerelles établies entre divers points de vues. Et, une complémentarité avec les journées « Prosilva » de début de semaine » a conclu Laurence Motoman.