« Distorsion de concurrence » : la réponse des élu-e-s écologistes
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COMMUNIQUE DE PRESSE
21 mars 2019

Le président de la chambre régionale d’agriculture a récemment affirmé dans une interview : « Il est certain que les Verts (…) créent des distorsions de concurrence »*.

Entre les lignes, il y a deux explications à cette accusation caricaturale envers les élu-e-s écologistes à la Région.

D’une part, il est vrai, certains militent pour l’arrêt des aides à l’agriculture biologique qui, selon eux, feraient concurrence à des produits agricoles dits « classiques » (comprendre agro-industriels et chimiques). Ce point de vue est en décalage flagrant avec la société qui demande des produits sains, sans pesticides et locaux.

En terme d’économie, l’agriculture bio tire actuellement vers le haut l’économie agricole globale et favorise des revenus positifs pour des agriculteurs toujours plus nombreux à se convertir ou à s’installer en bio. Et pourtant ce sont toujours 20% des agriculteurs « classiques » qui touchent 80% des subventions de la politique agricole commune.

Où est la distorsion de concurrence à coup d’argent public ?

Cela nous amène à la deuxième raison de cette phrase sur la « concurrence ».

Depuis 2014, la Région gère des fonds européens de développement rural (FEADER), qui servent entre autres de « PAC locale » pour orienter l’agriculture en Nouvelle Aquitaine. Grâce à ces fonds et sous l’impulsion de notre groupe, la Région a conclu un « pacte d’ambition bio » qui organise toute la filière, de la production à la distribution et qui vise à atteindre 20% de la surface agricole en bio d’ici 2025.

Lors du séminaire de Régions de France sur la future PAC, en décembre dernier à Bordeaux, la FNSEA avait pris position pour que ces fonds européens soient à nouveau gérés par l’État, et non plus par les Régions, au nom d’une « distorsion de concurrence » entre régions.

Mais ne pas vouloir de politique régionale, c’est laisser le soin à d’autres de décider : syndicats et lobbies au niveau national pourront continuer leur pression.

Il faut pourtant arrêter la course à l’agrandissement et à l’industrialisation des exploitations qui, depuis 40 ans, a entraîné la disparition des paysans et l’effondrement de la biodiversité.

Nous écologistes, nous voulons une politique régionale pour orienter l’agriculture vers plus d’emplois, une alimentation saine et durable, bio et agroécologique, des circuits courts, un environnement et une biodiversité préservés, une bien-traitance animale dans la proximité…

En relocalisant l’économie agricole, on préservera aussi le beau métier qu’est celui de paysan.

Le groupe écologiste et citoyen EELV au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

*Le Courrier de l’Ouest, édition du 16 mars 2019