Compte-rendu de la commission permanente du 23 novembre 2020
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La commission permanente (CP) du lundi 23 novembre s’est tenue à l’hôtel de Région de Bordeaux, en présentiel, mais aussi à distance en visioconférence, en raison de la crise sanitaire.

 

Six de nos élu·es en sont membres : Nicolas Thierry, Françoise Coutant, Maryse Combres, Jérôme Orvain, Jean-Louis Pagès et Christine Seguinau.

 

Au total les 389 dossiers présentés ont été adoptés et ce sont plus de 398 millions d’euros d’aides qui ont été attribués.

Un soutien aux dossiers qui vont dans le sens de la transition écologique…

À cette occasion, la Région a apporté son soutien à plusieurs projets en faveur des mobilités durables, du numérique durable, de l’agriculture biologique et de l’agroécologie, des coopérations internationales ou encore des économies d’énergie, de la production renouvelable et du stockage.

 

Cette CP a également attribué des aides importantes aux entreprises et associations fortement impactées par le reconfinement, conformément au second volet du plan d’urgence adopté en plénière le 16 novembre. Un soutien destiné aussi aux acteurs sportifs et culturelles et qui visent autant à préserver l’emploi que le tissu social de nos territoires.

 

Notre groupe se félicite en particuliers des mesures de solidarité avec les plus jeunes et les familles précaires, via des aides directes aux lycéen·ne·s et étudiant·e·s par exemple mais aussi par le biais d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) pour les associations caritatives d’un montant de 1 million d’euros. Une mesure que notre groupe a défendue avec succès au sein de la majorité.
Si notre groupe a voté l’essentiel des délibérations présentées, cette dernière CP de l’année a aussi vu revenir les éternels mirages du modèle productiviste, comme l’avion vert et le nucléaire propre : des dossiers que nous n’avons pas soutenus.

… et un refus des dossiers du monde d’avant

Notre groupe a voté contre des subventions importantes (plus de 8M € au total) à des projets gadgets d’industriels de l’aviation. Contre également les subventions aux syndicats aéroportuaires de La Rochelle, Biarritz et de Pau, ainsi que l’extension de l’emprise foncière de l’aéroport de Mérignac. Alors que l’aviation civile connait la pire crise de son histoire, ces dossiers illustrent l’espoir fou (et dangereux) d’un retour rapide « à la normale » que nourrissent certains. Il serait pourtant urgent d’initier une conversion de cette industrie ultra-polluante.
Dans la continuité de nos votes précédents durant ce mandat, nous avons refusé tout soutien à l’industrie de l’armement, aux navires de luxe ainsi qu’à l’industrie nucléaire. Le groupe regrette vivement que la Région soutienne encore une filière, celle du recyclage du MOX, que même le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) a enterré depuis 2019. La filière MOX n’a en réalité plus qu’une seule utilité pour le lobby nucléaire : masquer l’ampleur réelle du stock de déchets radioactifs en France et empêcher un véritable débat public sur leurs conditions de stockage.

 

Nous avons alerté la commission permanente d’un autre risque technologique sous-estimé, à l’occasion de l’examen d’un projet destiné à mesurer des paramètres physiologiques (sudation de la peau, dilatation de la pupille) pour déceler la nature même des émotions des clients et adapter en fonction « l’expérience utilisateur ». Une technologie qui vise à transformer les clients en cobayes, délivrant à leur insu des informations intimes qu’ils ne peuvent maîtriser et qui serviront à les manipuler à des fins mercantiles. Rappelant que le choix de la Région de soutenir ou non ce type de technologies intrusives est un vrai choix politique, notre groupe a donc voté contre et demandé son retrait.

 

Nous nous sommes abstenus sur plusieurs projets qui relèvent davantage du greenwhasing que de la transition écologique : un diesel « premium », un désherbant « écologique », ou encore un soutien accru à la certification HVE, que nous critiquons régulièrement tant elle est insuffisante pour répondre aux ambitions de NeoTerra.

 

Dans la même logique, le groupe s’est abstenu sur le premier volet du contrat de collaboration avec la Coopérative Agricole de Nouvelle Aquitaine (voir ici l’intervention de Vital Baude en séance plénière du 16 novembre).

 

Enfin, nous avons également refusé de voter en faveur de la subvention publique aux 12 fédérations de chasse de la Région. Réclamée pour faire face à la hausse récente des indemnisations d’agriculteurs victimes de dégâts par les grands gibiers (des sangliers pour l’essentiel), cette aide est présentée comme « ponctuelle » car censée répondre à un « événement climatique exceptionnel ».

 

Mais les sécheresses extrêmes n’auront rien d’exceptionnel à l’avenir. Ce système de dédommagement, principalement destiné à acheter la paix sociale entre chasseurs et agriculteurs, se contente de répondre aux conséquences sans s’attaquer aux causes.

 

Car derrière la prolifération des sangliers en France (de quelques dizaines de milliers dans les années 60 à plus d’un million aujourd’hui) se cachent la culture intensive du maïs, la pression accrue sur la biosphère, mais aussi les pratiques de certains chasseurs qui élèvent et relâchent des sangliers, et continuent même de les nourrir en forêt (plus d’infos dans ces émissions récentes de FranceInfo et FranceCulture).

 

De plus, ce dispositif d’indemnisation est censé être financé uniquement par les cotisations des chasseurs auprès des fédérations départementales : en votant une aide publique exceptionnelle pour des raisons qui ne le sont pas, la Région risque d’ouvrir la boite de Pandore.
Une crainte partagée largement au sein de l’hémicycle, y compris par des soutiens inconditionnels du lobby de la chasse.