Avis du groupe écologiste sur le Plan Régional Forêt Bois
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Sous la pression des industries, la gestion sylvicole s’intensifie toujours davantage, suivant un modèle en contradiction avec les logiques naturelles de complémentarité des diversités, préférant uniformiser la nature, dans le but d’accroître des profits à court terme, sous des faux-semblants de maîtrise de la production. Cette gestion industrielle des forêts se conjugue dramatiquement aux conséquences des dérèglements climatiques et font peser de lourdes incertitudes sur l’ avenir des peuplements forestiers.

Lors d’une étude de l’Office national des forêts (ONF) de 2015, 70% des personnes interrogées déclaraient qu’elles appelaient de leurs vœux des forêts multifonctionnelles, qui contribuent au maintien de la biodiversité, à la régularisation du régime des eaux et qu’elles considéraient que les industries devaient s’adapter à l’équilibre des écosystèmes forestiers.

Cinq ans plus tard, l’emballement climatique et ses conséquences apportent une autre lecture prospective à la résilience des forêts. La publication du GIEC, parue le 8 août 2019, nous appelle à reconsidérer les forêts comme notre meilleure chance d’atténuer et de nous adapter aux conséquences des dérèglements climatiques.

Alors, il est urgent de trancher cette question politique primordiale : les forêts doivent-elles être considérées comme bien commun patrimonial, à financer collectivement, car d’intérêt collectif, ou s’agit-il de biens privés, dont les propriétaires percevant les recettes, doivent assumer la part la plus importante du financement et de la protection ? (de plus en plus difficile à assumer au fil du temps et des dérèglements )

Le financement public doit-il soutenir des méthodes sylvicoles allant à l’encontre de la survie des forêts, ou réserver ces financements au développement des forêts publiques (- de 10%) gérées en sylviculture naturelles ?

Telle la gestion multifonctionnelle des forêts domaniales de la côte aquitaine par l’ONF, qui démontre qu’il est possible de protéger les milieux, de maintenir la biodiversité, d’accueillir les touristes tout en produisant du bois de qualité. Cette gestion doit s’amplifier et devenir la priorité du service public forestier. Soit, à l’inverse de la considération qui lui est apportée actuellement, l’ONF doit être renforcé, disposer de moyens financiers et humains, pour faire face à l’adaptation des forêts françaises et préserver leurs bienfaits, sans calculs réducteurs de court terme.

Le groupe écologiste et citoyen de la région Nouvelle-Aquitaine s’est saisi des problématiques forestières depuis le début du mandat. Malgré sa gouvernance morcelée complexifiant nos actions, les études scientifiques parues en 2019, nous ont donné les arguments pertinents pour défendre un autre type de sylviculture et nous avons déposé une motion sur la résilience des forêts, lors de la séance plénière du 17 décembre, votée à une large majorité par l’assemblée régionale de Nouvelle-Aquitaine.

À la même période (décembre-janvier 2020), la consultation publique sur le « PLAN Régional Forêt Bois » nous permet de réaffirmer les priorités écologistes de résilience sylvicole à  l’horizon 2027. Et, nous continuerons nos actions politiques pour la transformation des politiques forestières urgentes à faire évoluer pour la pérennité de nos forêts. Les constats et  intentions ne suffisent plus et les actes politiques doivent suivre à hauteur des enjeux  climatiques.

Laurence Motoman, Conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, élue des Landes, pour le groupe écologiste à la Région Nouvelle-aquitaine

@photo : Franck Lefebvre-Billiez [CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)]/https://commons.wikimedia.org/wiki/File:La_for%C3%AAt_des_Landes.jpg

Contribution du groupe écologiste de la Région Nouvelle-Aquitaine à la consultation du public sur le projet de Programme Régional de la Forêt et du Bois