Intervention relative à la communication sur la charte de déontologie et procédure de protection de protection des lanceurs d’alerte
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Par Jean-Louis Pagès – Intervention en séance plénière du 19 décembre 2016

Cher président, cher-es collègues,

En paraphrasant Chamfort, on pourrait dire que la France est un pays où on laisse en repos ceux qui dégradent la nature,et où on met en prison ceux qui sonnent le tocsin.
Nous sommes heureux que le statut des lanceurs d’alerte soit enfin reconnu par nos institutions, et apporte même quelques protections. Les lanceurs d’alerte ne sont pas des délateurs mus par leur envie ou leur vengeance personnelle, mais des citoyens ayant le souci sincère de la protection nécessaire de l’intérêt général.
Nous y sommes d’autant plus sensibles que les écologistes subissent depuis des décennies les persécutions des lobbies dont ils dénoncent les produits reconnus aujourd’hui dangereux : les pesticides dans la pomiculture limousine ou les vignobles du Bordelais, les néonicotinoïdes qui déciment les ruches de la Vienne en particulier, mais tous nos départements en général. Et demain nous assisterons aux immenses scandales sanitaires occasionnés par les nanoparticules et les perturbateurs endocriniens.
Tous ces désastres dus à la cupidité de certains industriels ne peuvent se perpétrer que par le silence embarrassé de témoins ou d’agents d’acteurs institutionnels  qui ne veulent pas inutilement s’exposer.
Quant à notre environnement et notre biodiversité, bien plus de bras leur portent atteinte que de voix les défendent, et on ne peut que déplorer le zèle de certains élus qui planifient des aéroports inutiles, des emprises ferroviaires superflues ou qui transforment des terres non constructibles en terres constructibles, et flirtent alors avec l’illégalité en détruisant des hectares de terres fertiles.
Aussi chaque fois qu’un agent de la collectivité monte de façon désintéressée un dossier pour protéger l’intérêt général et celui des générations futures, il fait un geste citoyen et écologiste et nous devons l’en remercier.
[Seul le prononcé fait foi]