Grippe aviaire : halte à l’abattage sans discernement des canards dans le Sud-Ouest
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Le groupe écologiste et citoyen EELV au Conseil régional Nouvelle-Aquitaine est particulièrement attentif à la condition animale. Après le nouvel épisode de grippe aviaire qui a touché les élevages de canards au cours des derniers mois, il dénonce les abattages sans discernement des cheptels de canards, parmi lesquels des animaux sains.

Les chiffres donnent le tournis : selon le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) « 3,7 millions de canards ont été abattus depuis fin 2016 dans le sud-ouest de la France (2,3 millions à titre préventif et 1,4 million dans les exploitations touchées par le virus H5N8) ».

Cet abattage systématique est un signe patent de l’inhumanité de l’élevage industriel, qui ravale les animaux au statut d’objet ou de simple matière première. Un élevage industriel qui fixe des règles iniques pour toute la filière : des éleveurs de volailles bio viennent ainsi d’être condamnés à abattre leur cheptel sain

Nous voulons rappeler que depuis janvier 2015, l’Assemblée nationale a voté en lecture définitive le projet de loi relatif à la modernisation du droit. L’animal est depuis reconnu comme un «être vivant doué de sensibilité» dans le Code civil (nouvel article 515-14) et n’est plus considéré comme un bien meuble (article 528). Il n’est plus défini par sa valeur marchande et patrimoniale mais par sa valeur intrinsèque. Les pratiques d’abattage massives sont donc non seulement indignes, mais à notre sens illégales et il doit y être mis fin.

Ce nouvel épisode de grippe aviaire qui frappe durement des éleveurs exsangues quelques mois seulement après le vide sanitaire imposé au printemps 2016 montre un système à bout de souffle, où les pratiques industrielles ne changent pas. La sectorisation et la spécialisation des activités, qui engendrent de nombreux déplacements des volailles vivantes, participent toujours à la propagation des virus.

Ce système doit impérativement se transformer : cela passera notamment par la limitation de la concentration des animaux dans les élevages et la transition vers des systèmes plus autonomes. Pour se réorienter, le système devra aussi promouvoir des races rustiques : dans l’élevage, comme partout ailleurs, la biodiversité est une réponse à la maladie.

Pour que les animaux d’élevage soient considérés d’une nouvelle façon, nous estimons que le changement doit porter dès leur achat, en aidant les exploitants à se convertir et à s’adapter aux nouveaux modes de consommation, tout en leur garantissant un revenu décent.

Assez de cette maltraitance dirigée à la fois envers les éleveurs et vers les animaux : ils ne doivent plus être les victimes de la dérive d’une agriculture uniquement tournée vers le productivisme.

Le groupe écologiste et citoyen EELV au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

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